Le sort de la Révolution islamique iranienne se joue aujourd’hui à Damas. Car Damas fut la Capitale utile de la Révolution islamique comme jadis des intellectuels libéraux furent les idiots utiles du bolchevisme et ce, vu la divergence d‘intérêt entre le nationalisme persan et le nationalisme arabe bien ancré, lui, dans la capital des Omeyyades.
En tout temps et en tout lieu, les Perses crurent, dur comme fer, à la Numérologie. De ce fait, il y a bien longtemps, qu’ils ont su que le chiffre III (trois ) ne les réussit pas. Il leur inspire même méfiance et pessimisme. Et pour cause il est apparu durant les deux seules grandes défaites historiques qu’ils ont subies sur trois milles ans d‘histoire. Face aux Macédoniens d’ Alexandre le grand, ils avaient, en effet, comme empereur, Darius III ; de même que, face aux Arabes de Saad, leur roi fut Yazdgard III.
Autant dire qu’ils regardent maintenant avec beaucoup de scepticisme le futur Guide de la Révolution islamique. Ce dernier sera de toute logique le troisième guide, autrement dit le Guide III. Et tout laisse à penser qu’il sera le dernier.
Toute superstition mise à part, la République islamique a bel et bien mangé son pain blanc et son futur semble plus que compromis. Car, la marée de la Révolution arabe risque de ne pas porter de l’eau au moulin de sa consœur iranienne.
Et, si étrange que cela puisse l’être, le vrai danger qui guette la République islamique ne vient ni d’Israël, ni de l’Amérique ni, même, de l’Arabie Saoudite mais plutôt de son allié du moment : la Syrie.
En fait, le sort de la Révolution islamique iranienne se joue aujourd’hui à Damas. C’est peut-être, là, un signe de la providence du fait que, jadis, c’était aussi la Syrie qui avait fait son succès. C’était, en effet, la Syrie qui, rivalité entre les deux branches Baas aidant, a cassé le cordon sanitaire que les Arabes avaient bâti autour de Khomeiny et dont l’Irak fut sa fer de lance avec la guerre meurtrière qui a suivi.
Ainsi, c’est uniquement grâce à la Syrie que l’Iran a pu se faufiler dans l’aire arabe pour s’y exporter la Révolution islamique, une nécessité vitale pour toute révolution.
Et par conséquent d’y implanter ses satellites chiites, qu’il soit au Liban , ou au Bahreïn ou, aussi, au Maghreb où, dit-on, la doctrine duodécimaine a su pénétrer un espace très homogène et historiquement de confession sunnite.
La vérité c’est que Damas fut la capitale utile de la Révolution islamique comme jadis des intellectuels libéraux furent les idiots utiles du bolchevisme et ce, vu la divergence d‘intérêt entre le nationalisme persan, revigoré par la Révolution iranienne, et le nationalisme arabe bien ancré, lui, dans la capital historique des Omeyyades
Alors avec la chute annoncée de Damas, la République islamique sera forcé de se replier sur ses bases arrières géographiques et confessionnelles. Ce qui, pour n’importe quelle révolution, représente toujours le début de la fin. Dès lors, les marasmes internes politiques, économiques et sociaux s’en chargeront du reste. En attendant, au plus tard, le Guide III et cette foutue malédiction numérologique qui, vraisemblablement, n’a pas fini de poursuivre les Perses.
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